CALIGULA – Albert Camus – Guillaume Dollinger

texte Caligula dAlbert Camus
mise en scène Guillaume Dollinger
scénographie Cécile Kou
musique Romain Rugoni
Soutenu par L’Arcadi et la région Île-de-France
avec Jules BaronCyril BernauxNicolas DesnouesGuillaume DollingerGabriel GreffierGeoffrey LopezFrédéric MatonaJean-Claude RaguideauAlix Schmidt

AFFICHE CALIGULA theatre douzeCaligula - La Compagnie Alcandre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Note d’intention

Après avoir exploré Tchekhov, le désir de monter des pièces qui questionnent sur ce que nous sommes est toujours prégnant. Jeune, j’avais lu Caligula et j’en avais été profondément marqué. Aujourd’hui, je veux qu’il me révèle ce que je n’avais pas encore compris de lui, qu’il me pousse à le haïr mais aussi à l’aimer.

« Je veux que tout me soit expliqué ou rien. Et la raison est impuissante devant ce cri du cœur. Pouvoir dire une seule fois : « cela est clair » et tout serait sauvé. »

Le mythe de Sisyphe – Albert Camus

Caligula c’est l’histoire de ce cri du cœur, de la prise de conscience de l’indifférence de l’univers pour l’homme. Cet univers absurde et silencieux qui ne répondra jamais à ses questions, qui ne propose qu’une seule destination, le néant. Tout pourrit, tout disparaît, tout est égal, alors rien n’a d’importance.

Cette prise de conscience, tout homme y est confronté, souvent à l’adolescence. Et puis, on oublie, on se force à oublier car il n’est pas facile de trouver une raison de vivre dans un monde justement sans raison. Camus en tant que philosophe, s’est attaché à trouver une réponse. Il y parviendra, à 23 ans seulement, quand il écrit dans Les noces : « le monde est beau, et hors de lui point de salut ». Caligula, lui, n’y parviendra pas.

Caligula c’est aussi une critique de la concentration du pouvoir et de ses conséquences. Rarement un homme n’aura eu plus de pouvoir qu’un empereur romain, et Caligula l’utilisera jusque que dans ses limites pour « donner ses chances à l’impossible ». Le résultat est absurde et terrifiant. Il résonne  avec notre sombre actualité.

Enfin, il ne faut pas oublier que cette histoire débute par un traumatisme (la mort soudaine d’un proche) chez un être trop sensible, différent. C’est pour cela que mon Caligula s’incarne à travers un corps et un esprit torturés, mais toujours logique et lucide. Bien loin d’un esprit simplement dément comme bien souvent interprété.

Guillaume Dollinger

Télécharger le dossier complet du spectacle ici


Ils parlent de Caligula

Madame Blasutig-Cotelle, professeure au Lycée Alfred Nobel de Clichy sous Bois
Nous avions étudié la pièce en cours mais ils ont insisté sur le fait qu'ils l'avaient beaucoup mieux comprise grâce à sa représentation. Les aspects comiques ou ironiques du texte, notamment, leur sont apparus plus clairement.
Ils ont apprécié votre mise en scène, sa sobriété et en ont saisis les éléments symboliques. Le choix des comédiens correspondait souvent à leurs attentes et quand ce n'était pas le cas, pour Hélicon par exemple, ils ont apprécié et compris le décalage que cela introduisait par rapport à leurs préjugés. Ils ont particulièrement souligné la performance de l'acteur qui interprète Caligula et de l'actrice qui joue Caesonia.
La fidélité au texte leur a permis de se le réapproprier mais également d'en voir la richesse. Nous avons pu  discuter de certains partis pris de mise en scène -comme l'attirance éventuellement homosexuelle de Scipion et Caligula- et revenir sur l'ambiguïté du personnage principal que votre comédien traduisait très bien dans sa fragilité, son ironie mais aussi sa cruauté assumée.
De nombreux élèves venaient pour la première fois au théâtre et cette expérience très positive leur a donné envie d'y retourner et surtout leur a fait comprendre -ce que j'ai pour habitude de dire en classe mais qu'ils ne perçoivent pas toujours- que le texte théâtral ne prend tout son sens qu'une fois joué, interprété et mis en scène. Je vous remercie donc pour la qualité de votre spectacle, votre lecture de la pièce qui ont permis cette prise de conscience chez les élèves et les ont introduits dans l'univers du théâtre.
Reg’Arts
Ils parlent de lui avec effroi, ils le craignent, ils s’inquiètent. Au début, ils sont tous en beige, sur fond d’un beau turquoise. Sauf lui. Lui, est toujours en noir. Il est souffrant, mais provocant. Hagard, mais menaçant, tourmenté, après la tragique disparition de sa sœur et incestueuse amante. Il lui vient une obsession : il veut la lune. Il l’aura… ou pas.
Quelques années plus tard, le noir l’emporte. Il est sur tous. Il est partout. Surtout en lui, devenu tyran, despote, serial killer assumé. Lui, Caligula, empereur, joue à être fléau, bourreau. S’amuse à user et abuser du pouvoir suprême, à semer la terreur autour de lui. Les têtes tombent selon son bon vouloir, au gré de ses imprévisibles caprices. Secondé par sa maîtresse Cæsonia, indéfectible complice, presque malgré elle. Tous sont otages, marionnettes d’une folie froide, sans limites, destructrice, meurtrière. Dès lors, à la cour, le complot est inévitable, il le sait, le souhaite, l’attend. En proie à des sentiments ambivalents, ambigus, les courtisans rescapés se résolvent  à tisser la toile de l’inévitable. Le filet fatal tombe inexorablement sur la mante religieuse qu’est leur monstre. Seulement pour lui rien n’a d’importance, ni questions, ni réponses.
Ce texte de Camus écrit en 1939 est magnifique, troublant, saisissant, poignant, dérangeant. Il est bien servi ici par une belle mise en scène, rondement menée, moderne, du téméraire Guillaume Dollinger, qui joue aussi le rôle du poète Scipion avec une grande sensibilité.
Jules Baron est un grand et beau Caligula, orgueilleux et narcissique à souhait, solaire, sympathique même. Certes, il a, il l’a, ce grain… une présence aussi ! Et pour définitivement incarner ce rôle particulièrement complexe, il ne lui manque plus qu’une petite, mais indispensable, plongée en apnée dans les eaux profondes, du côté obscur…
Alix Schmidt est Cæsonia, la maîtresse, première dame parfaitement digne de ce nom, tant la comédienne fait preuve de subtilité et de finesse, toute en nuances, toujours vibrante, touchante, toujours sur le fil, telle une gracieuse acrobate qui sait garder beauté et équilibre en toutes circonstances.
Geoffrey Lopez, l’intellectuel barbu, alias Cherea, est stable, indispensable à l’ensemble, il assure sagesse et justesse, à l’aise dans son costard, propre, clair et net, efficace.
Tous les autres comédiens sont aussi vrais, particulièrement Gabriel Greffier, qui se laisse assassiner avec beaucoup d’adresse.
Comme dit Albert Camus dans ses Carnets : « Non, Caligula n'est pas mort. Il est là, et là. Il est en chacun de vous… » Allez savoir… Allez voir !
Coup2theatre.com
"Le texte d’Albert Camus résonne avec notre sombre actualité alternant avec un bel équilibre les scènes de caprice, de désespoir comme de cruauté [...] on ne reste pas indifférent devant une telle tragédie qui nous invite à la réflexion et à la vigilance politique".
La chronique complète: ici
BilletReduc.com

-Exceptionnel - 10/10 
   Le texte est très dense, très profond. une très belle mise en scène et des comédiens réellement extraordinaires nous emportent totalement. le personnage de caligula notamment est impressionnant de justesse et d'aisance. de belles envolées poétiques au milieu de questions innombrables sur le sens de la vie, de la mort, la cruauté des "dieux" et des hommes, font de ce spectacle un moment intense qui dure bien au-delà de la durée de la pièce. un grand bravo.
écrit le 31/03/2019 par n'a pas vu cet évènement avec BilletReduc
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-Un beau moment de théâtre - 8/10 
   Pièce majeure à l'écriture éblouissante, elle est remarquablement servie par des comédiens dont la présence, la justesse et la sincérité sont à la hauteur du théâtre de camus. je retiens aussi la mise en scène, sobre et retenue, qui met en valeur le jeu de chaque acteur. bravo !
écrit le 31/03/2019 par a vu cet évènement avec BilletReduc
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-Caligula un chef d'oeubre - 9/10 
   Les comédiens sont excellents et criants de vérité il en est de même pour la mise en scène bravo à la troupe pour ce prodigieux travail 
écrit le 31/03/2019 par n'a pas vu cet évènement avec BilletReduc
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-Une mise en scène inspirée et captivante - 10/10 
   Mon ami gérard m'a adressé cette critique que je partage sur billetréduc: "j'ai assisté dimanche après midi à la représentation au theatre 12 de caligula, d'albert camus, dans une mise en scène inspirée et captivante de guillaume dollinger et j'y ai pris grand plaisir. ce classique du 20° siècle est rarement présenté sur scène et on peut le regretter. en effet la pièce est plus que jamais d'actualité : la folie au pouvoir, pourquoi, quelles conséquences pour celles et ceux qui la subissent ou y participent, que ce soit de façon consciente ou contrainte..... camus nous plonge dans les affres du dictateur illuminé et de son entourage et nous assistons avec effroi et fascination au spectacle de cette folie, hélas répétitive dans l'histoire humaine. bravo aux acteurs et notamment à jules baron qui interprète le rôle titre avec une fièvre mêlée d'angoisse existentielle, d'insensibilité à ses proches et d'indifférence revendiquée aux valeurs humanistes qui constituent le fondement de toute société civilisée. bref un bon moment de théâtre qui incite à la réflexion, sans lourdeur ni pathos. allez y, vous passerez un bon moment à ce spectacle qui mêle habilement réflexion et dérision." gérard bourger, de paris 9° 
écrit le 30/03/2019 par n'a pas vu cet évènement avec BilletReduc
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-Mise en scène parfaite ! - 10/10 
   Je fais une thèse sur cette pièce de camus depuis trois ans. je dois dire que je ne m’attendais pas à toute cette attention aux détails de la mise en scène (boucles d’oreilles de venus, couleur de peau de helicon, choix parfait des comédiens). on a été agréablement surpris, moi et mon copain. par contre, on aurait bien aimé voir hélicon qui mangeait un oignon plutôt qu’une tomate :)) bravo à tous les comédiens (surtout caesonia). un grand bravo au metteur en scène ! rien à critiquer. 
écrit le 29/03/2019 par a vu cet évènement avec BilletReduc
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-Aucune hésitation, allez y ! - 10/10 
   La 1ere critique est très juste. une troupe de comédiens enthousiastes nous donne tout simplement accès à un texte extraordinaire. bravo et merci !
écrit le 25/03/2019 par a vu cet évènement avec BilletReduc
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-Caligula, une pièce majeure superbement jouée - 10/10 
   Caligula, une pièce majeure superbement jouée: tout d'abord un caligula plein de prestance, sachant alterner des scènes de caprice (perturber un sénateur qui parle lors du repas en lui jetant des cacahouètes est juste magique!), de désespoir absolu, ainsi que des envolées majestueuses sur la vacuité de ce monde. l'acteur arrive à alterner toutes ses facettes sans tomber dans l'artificiel, mais en sachant donner corps à la complexité du personnage, à son caractère entier et absolu jusqu'à l'absurde. l'acteur qui joue helicon a su parfaitement rendre ce personnage nihiliste. c'est plus tard dans la pièce que l'on apprend que c'est un ancien esclave qui n'a pas eu besoin des "leçons" de caligula pour savoir que la vie n'a pas de sens, que la punition peut tomber sans prévenir, sans raison... disciple de caligula avant l'heure, c'est d'ailleurs le seul qu'il envoie pour chercher la lune. la complicité triste des personnages transparait par le jeu des acteurs. cherea, véritable antagoniste de caligula, la part "philosophe" d'albert camus, livre un combat perdu d'avance. caligula a raison et cherea le sait. mais c'est le devoir de l'humain de donner sens à la vie bien qu'elle n'en ait pas. ce combat factice, illusoire doit être mené sous réserve de tomber dans la folie. l'acteur arrive très bien à jouer sur l'ambivalence entre son admiration pour caligula qui choisit de vivre sans artifice, et la crainte de l'abysse qui s'ouvre devant une vie dénuée de sens. scipion, la part "poète" d'albert camus, malgré toutes les raisons de le haïr ne peut s'empêcher d'admirer la poésie de caligula. sommé de comprendre caligula, scipion oscille entre la haine et l'amour. l'acteur arrive très bien à rendre une complicité non désirée avec une idole qu'il hait. caesonia a toujours été un personnage très difficile à cerner pour moi... l'actrice a su m'éclairer. c'est tout simplement un personnage qui aime caligula, à la folie, jusqu'à embrasser sa folie sans questionnement. sa descente aux enfers, sa folie, le désespoir de ne plus comprendre l'être aimé... puis le "rubicon" est passé, l'amour absolu permet d'aimer à nouveau... surement le rôle le plus difficile, et pourtant très bien exécuté... les patriciens et l'intendant apportent une petite touche comique rafraichissante, mais avec leurs petites luttes intestines et leur obnubilation du pouvoir et de l'argent, il ne faut pas se leurrer, c'est de nous-même dont on parle... une pièce excellente, tout d'abord par le texte d'albert camus, mais surtout mis en valeur par des acteurs imprégnés par leur personnage. une pièce qui ne laisse pas indifférent... et si caligula avait raison?
écrit le 23/03/2019 par a vu cet évènement avec BilletReduc

Les Résidences de création

Le spectacle aura été créé durant trois résidences :

  • Une première semaine au théâtre de L’Atalante de Paris grâce au soutien de l’Arcadi.
  • Une seconde à Saint-Denis (93) Au Clos Sauvage.
  • Une troisième au Chapiteau de la Fontaine Aux Images à Clichy-sous-Bois (93).

La programmation

Le spectacle est programmé pour 16 représentations au Théâtre Douze, Paris 12ième. Du 21 mars 2019 au 14 avril 2019 les jeudis, vendredis, samedis et dimanches.