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Note d’intention

Pourquoi Caligula ?

Après avoir exploré Tchekhov, le désir de monter des pièces qui questionnent sur ce que nous sommes est toujours prégnant. Jeune, j’avais lu Caligula et j’en avais été profondément marqué. Aujourd’hui, je veux le rencontrer, le défier, lui imposer d’aller, encore une fois, sur un plateau de théâtre, au bout de sa logique. Je veux qu’il me révèle ce que je n’avais pas encore compris de lui, qu’il me pousse à le haïr mais aussi à l’aimer. Parce que Caligula, c’est moi, c’est nous.

Je veux que tout me soit expliqué ou rien. Et la raison est impuissante devant ce cri du cœur. Pouvoir dire une seule fois : « cela est clair » et tout serait sauvé.

Le mythe de Sisyphe – Albert Camus

Caligula c’est l’histoire de ce cri du cœur, de la prise de conscience de l’indifférence de l’univers pour l’homme. Cet univers absurde et silencieux qui ne répondra jamais à ses questions, qui ne propose qu’une seule destination, le néant. Tout pourrit, tout disparaît, tout est égal, alors rien n’a d’importance.

Cette prise de conscience, tout homme y est confronté, souvent à l’adolescence. Et puis, on oublie, on se force à oublier car il n’est pas facile de trouver une raison de vivre dans un monde justement sans raison.

Camus en tant que philosophe, s’est attaché à trouver une réponse. Il y parviendra, à 23 ans seulement, quand il écrit dans Les noces : « le monde est beau, et hors de lui point de salut »

Caligula, lui n’y parviendra pas et ce personnage nous impose une remise en question. Nous cherchons en vain à sauvegarder nos biens, à posséder alors même que nous connaissons notre finitude. Avec un tel pouvoir, ne pourrions-nous pas devenir Caligula le jour où, bien malgré nous, nous perdrions ce que nous avons de plus cher ?

Le 1er acte de la pièce est crucial. Le spectateur doit tomber en empathie avec ce personnage qui ne s’est pas encore laissé aller à la tyrannie. Plus cette empathie sera forte et plus les trois actes suivants toucheront le cœur du public et l’amèneront à une vraie réflexion.

C’est pour cela que j’ai voulu que le rôle principal soit interprété par une femme. Un personnage qui restera masculin mais représenté physiquement par une comédienne. J’ai l’intuition et je fais le pari que l’empathie n’en sera que plus forte. Il n’y a pas de féminin pour le mot tyran.

Guillaume Dollinger

AFFICHE CALIGULA theatre douze

Durée 2h | A partir de 10 ans | Création La Compagnie Alcandre | Avec Héloïse Lacroix, Alix Schmidt, Frédéric Matona, Geoffrey Lopez, Pierre Florac, Denis Mathieu, Jean-Claude Raguideau, Gabriel Greffier, Richard Malegue |  Scénographie, accessoires et costumes Cécile Kou | Mise en scène et direction Guillaume Dollinger